Au delà des semblants, embrouille et savoir-y-faire

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..........INTERJECTIONS...........

L'AUTISME

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Ils ne sont pas comme ils devraient être à leur âge. Ils font preuve d'un mode d'être caractérisé par un hors lien, isolé dans leur monde, un monde clos. Ils témoignent de leur indifférence dès lors que la parole ne se noue pas à l'imaginaire c'est-à-dire au corps et, dans ces conditions, le signifiant ne représente pas le sujet pour un autre signifiant. Ils vivent dans un monde différent de celui de l'interprétation et de la signification.­Pour faire advenir une position de sujet désirant, le registre du Réel, Symbolique et Imaginaire, doivent être noués. Il n'en est pas ainsi pour le sujet autiste pour qui le registre du réel est premier.Bien qu'ils soient baignés dans le champ du langage, ils sont hors discours. Tout l'enjeu, En-Je, est qu'ils puissent s'inscrire dans un lien social, qui leur soit propre et faire advenir un Je qui les représente en accueillant leurs trouvailles infimes et difficilement repérables dont ils font preuve. Béatrice Radigois-

 

LE LISIBLE DANS L'ILLISIBLE

Se maintenir accrochés aux étalons de performances: voilà en quoi consistent les exigences des nouvelles méthodes de management engendrées par le discours de l'utilité. C'est là où les destins individuels se heurtent aux limites induites par l'impératif de compétitivité. Si l'évaluation généralisée a pour effet d'objectiver l'autre, elle contribue alors par ce fait, à la destruction du lien social en favorisant l'inflation des egos professionnels, source de rivalités narcissiques. Le sujet moderne est tiraillé par un effet de double mind. Réduit au silence par la tyrannie des modèles économiques, il est confronté paradoxalement à un pousse-au-tout-dire.  Les effets de la parole confisquée peuvent constituer une impasse car l'inflation normative fige le sujet dans un discours qui étanche sa langue singulière. Alors qu'en est-il de l'invention singulière  lorsque le sujet est exposé â être blessé par la langue? Comment le moi, l'idéal du moi peuvent converger vers une perspective inattendue, un point de détail qui donne l'empan d'une autre orientation permettant de faire avec les affects de honte, d'angoisse, de non-reconnaissance? C'est là où pour l’artiste, le lisible ne s'arrête pas aux lois du monde physique. Il  s'oriente du flou, de l'aléatoire, de l'insaisissable bousculant les représentations convenues, proposant ainsi une lecture de l'illisible, en bousculant les repères convenues de la phénoménologie de la perception. Françoise Stark Mornington

 
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LA CERTITUDE DE RAYMOND ROUSSEL PDF Imprimer Envoyer

La période qui circonscrit l’écriture du  premier poème connu de Raymond Roussel comprend quatre  événements d’importance : sa sœur Germaine se marie en avril 1893 avec Charles Letonnelier Comte de Breteuil ; en octobre 1893 Raymond Roussel est admis à l’unanimité du jury, au Conservatoire de Paris, dans les classes de piano, après plusieurs tentatives et alors qu’il a seize ans et huit mois.[1] (Sa mère, qui adorait la musique, lui fit quitter à l’âge de 13 ans le lycée pour le conservatoire et, pour son instruction, fait venir des précepteurs à la maison.[2]); En mars 1894, naît Robert de Breteuil, enfant de sa sœur ; le 6 juillet de cette même année, son père Eugène Roussel, décède brusquement Dans cette période, la proximité temporelle de l’admission à « l’unanimité »  au conservatoire et la mort de son père peuvent nous interroger sur leur rapport causal avec l’événement qui survient alors, et dont témoigne le poème « Mon âme ». On nous dit qu’excellent musicien, la musique laissait pourtant insatisfait le jeune Roussel car il n’arrivait pas à composer des mélodies. Il délaisse donc cette activité pour l’écriture. C’est bien plus tard qu’il saura se faire applaudir pour ses imitations de musiciens, en utilisant son talent pianistique. L’évènement dont il va s’agir est la premier d’une série de  trois, d’un processus de désintégration subjective en trois temps : le premier à 17 ans dont témoigne le poème « Mon âme », le second deux ans plus tard alors qu’il écrit son roman en vers La doublure, le troisième à la parution de celui-ci le 10 juin 1897 à la suite duquel l’écrivain décide de consulter Pierre Janet. René Fiori

Mis à jour ( Mardi, 15 Février 2011 22:22 )
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LES PERSONAE D'ELFRIEDE HIRSCHFELD, UN AUTRE CAS DE FREUD PDF Imprimer Envoyer

 

LES LANGUES DE LA LIBIDO

La question qui a retenu Freud dans son texte principiel sur Mme Gi : « La disposition à la névrose obsessionnelle »[1] est celui de la transformation d’une hystérie d’angoisse en névrose obsessionnelle qui, pour lui, est accomplie dans le cas de cette patiente ; plus précisément : «  Comment un contenu identique est exprimé dans les deux névroses en des langues distinctes ». [2]Cela l’amène aussi à débattre de ce qu’il appelle  le choix de la névrose[3]. Ce que pointe Freud dans son abord du cas en 1913, c’est la mobilité d’une libido dont la langue symptomatique est changeante. Il pose que la mutation de l’hystérie en névrose obsessionnelle est due à la rencontre, par le sujet d’un élément traumatique, qui vient se substituer à un traumatisme précédent. A sa façon Freud nous renvoie à une question toujours brûlante, elle du rapport de la structure au symptôme et vice versa.  Avec Lacan, elle n’est plus seulement celle de la langue symptomatique du patient, mais aussi celle de son idiome signifiant singulier recélé dans ses dits. Le croisement des deux fait apparaître l’appareillage du sujet au Symbolique, à l’Imaginaire, et au Réel et donne une orientation au traitement psychanalytique.  Dans le cas de Mme Gi cet appareillage est manifesté par la défense du sujet. Quel est l’appareil avec lequel se défend Mme Gi ? Cette défense, Freud la pose comme névrotique à partir de l’objet anal qu’il a -avec l’objet sein- formalisé. La défense typique qui y est corrélée, c’est le cérémonial ; dans le cas présent de Mme Gi, c’est un rituel de lavages. C’est  précisément à partir du cas de Mme Gi, qu’il reçoit en consultation juste après l’homme aux rats, et alors qu’il vient d’écrire son texte «  Actes compulsionnels et exercices religieux » (1907)[4], que Freud invente le stade sadique- anal comme stade pré-génital.   Freud n’a jamais abordé le cas de Mme Gi[5] sur le versant de la psychose mais, avec le concept de pulsion de mort forgé directement à partir de la réaction négative du sujet à la guérison, il va, dans son texte plus tardif sur « Le moi et le çà », revenir sur le stade sadique- anal. « Parmi les conséquences de bien des névroses graves, il faut particulièrement souligner la désunion pulsionnelle, et la place prépondérante prise par la pulsion de mort. Pour généraliser rapidement, nous pourrions supposer que l’essence d’une régression de la libido, par exemple de la phase génitale, à la phase sadique-anale, repose sur une désunion pulsionnelle… ». [6] René FIORI


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   L'ESPRIT DES PROPORTIONS par Sylvie DESTAS 

   UNE ETHIQUE DU SINGULIER : PASDE0DECONDUITE par Thérèse PETITPIERRE 

    ERNEST-PIGNON-ERNEST : LES EXTASES par Sylvie DESTAS 

    RIEN DE PERSONNEL par René FIORI 

   LES TROIS TEMPS DE L'ATELIER par Françoise STARK-MORNINGTON 

   LE DISCOURS DE LA SCIENCE - SON MASQUE IRONIQUE par René FIORI 

 

Mis à jour ( Samedi, 07 Mai 2011 22:39 )
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LE PEINTRE QUI MANQUE A LA PEINTURE CONTEMPORAINE PDF Imprimer Envoyer

A l’Hôtel Salé, musée Picasso, s'est tenue l’exposition Picasso Ingres ; 115 œuvres des deux Peintres y étaient présentées, témoignant de l’influence qu’a exercé Ingres sur Picasso. Picasso rencontre Ingres en 1906, il a 24 ans, il est saisi.Il réalise un autoportrait, en miroir avec celui de Ingres, âgé de 24 ans aussi.La ressemblance est frappante, la rencontre a eu lieu Les deux peintres ont à peu près cent ans d’écart, tous deux s’inspirent des maîtres Ingres puise ses  sources dans l’antiquité, le  quattrocento, les primitifs, les enluminures, Raphaël, les néo-classiques. Il n’a pas une grande éducation, mais l’éclectisme de ses références fait de ses peintures un véritable jeu de pistes pour l’historien d’art ou l’amateur.D’aucuns s’en sont amusés d’une anagramme : « Ingres », « singer » Picasso est subjugué par le classicisme voire l’académisme de Ingres qui se veut le peintre du vrai,du permanent. On le dit borné , « gothique » , il n’a d’autre doctrine que celle de l’obstination et l’assujettissement à l’étude,au travail bien fait , à l’effort. Le portrait officiel y trouve son plein épanouissement ; c’est le portrait d’une classe sociale installée,bourgeoise, mais qui ne manque pas de personnalité , portrait du semblant phallique, de l’éducation et de la richesse. Probablement Picasso qui s’embourgeoise en famille y trouve une part de lui-même, pacifiée  et heureuse. Paradoxalement,et c’est sur ce point que Picasso s’enflamme,Ingres outrepasse les règles ,comme malgré lui.La ligne,la gestuelle,la forme doivent se plier à la  nécessité de la composition, celle ci prime. La réalité alors  se déforme ,tourne à l’extravagance, à l’exagération, parfois même aux confins du grotesque. Sylvie DESTAS    

Mis à jour ( Dimanche, 05 Décembre 2010 10:53 )
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MANET - L OBJET REGARD COMME CONSISTANCE DU VIDE PDF Imprimer Envoyer

 Quelque soit la représentation, la peinture remplit  une fonction de dépôt, une invitation à la pause, une solitude ,un isolement,un silence ; la peinture, dit Lacan dans Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, est une invitation « à déposer là son regard, comme on dépose les armes ».(1). Foucault, quant à lui déclare « C’est mon repos , c’est l’une des rares choses sur lesquelles j’écris avec plaisir et sans me battre avec qui que ce soit »(2) Qu’en est-il du tableau qui désarme et qui crée en même temps le malaise, le désarroi voire l’angoisse à celui qui se risque à voir, à celui qui a des « yeux pour voir ». Qu’est ce qui provoque du malaise dans un tableau dont la thématique n’a rien.pourtant d’angoissant : un déjeuner sur l’herbe, un joueur de fifre , une femme nue, une serveuse de bocks,des couples, des scènes de cabaret comme c’est le cas chez  l’inventeur de la peinture moderne, Edouard Manet. Foucault nous parle de la « méchanceté »de Manet (3), Sylvie DESTAS

Mis à jour ( Dimanche, 05 Décembre 2010 10:52 )
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Sylvie DESTAS

Fétichisme féminin : la passion des étoffes / DESTAS Sylvie. Lettre Mensuelle, 06/2009, n° n°279. - p. 32-34

" Me voici donc seul sur la terre ... " / DESTAS Sylvie. Confluents, Bulletin régional de la coordination ACF-IDF, 06/2004, n° n°46. - p. 38-41

Marque-Pages ( rédacteur en chef : René FIORI)  : La ferme de Navarin, Gisèle Bienne ; L'intranquille : autoportrait d'un fils, d'un peintre, d'un fou, Gérard Garouste ; Les Onze, Pierre Michon ; Dictionnaire d'histoire et philosophie des sciences, Dominique Lecourt (Sous la direction de) ; La rivière et son secret, Zhu Xiao-Mei / LECOEUR Bernard ; DESTAS Sylvie ; LEDUC-PAUTHE Caroline ; FIORI René ; RICHARD Colette. Lettre Mensuelle, 09/2009, n° n°281. - p. 53-56

Thérèse PETITPIERRE

Les murs ont-ils des oreilles / PETITPIERRE Thérèse. Confluents, Bulletin régional de la coordination ACF-IDF, 06/2006, n° n°51. - p. 58-59

Lectures : Souffrances au travail, Horizon / PETITPIERRE Thérèse. Lettre Mensuelle, 12/2006, n° n°253. - p. 53

Little boxes : sous la toile du RIL-Psy et de son compère le DMP, quel abri pour le sujet ? / PETITPIERRE Thérèse. Horizon, 06/2008, n° n°47. - p. 52-55

La cause des enfants : Pas de 0 de Conduite / PETITPIERRE Thérèse. Mental / Revue internationale de psychanalyse, 04/2009, n° n°22. - p. 261-265

Le Cabinet de lecture :
Enfants, graines de délinquants ? : reportage, Marina Julienne et Christophe Muel / LAHUTTE Bertrand ; DE LORENZO Matteo ;

PETITPIERRE Thérèse. La Cause freudienne / Nouvelle revue de psychanalyse, 07/2010, n° n°75. - p. 238-241- 

"Un vrai Monsieur : une conversation avec Christian Boltanski / BOLTANSKI Christian ; HERMANN Carole ; PETITPIERRE Thérèse. Horizon, 05/2010, n° n°52. - p. 32-43

Brigitte ROULOIS

Freud, l'institution et la garantie / ROULOIS Brigitte. Lettre Mensuelle, 11/1997, n° n°163. - p. 19-22

De notre position de sujet, nous sommes toujours responsables / BENTATA HOLLARD Dominique ; FARMOUZA Marie-Madeleine ; ROULOIS Brigitte ;

Catherine SOUDRE

 Un cartel de rêve ou un rêve de cartel / SOUDRE Catherine. Confluents, Bulletin régional de la coordination ACF-IDF, 12/1997, n° n°24. - p. 16-17



BACON OU LE TRAITEMENT DU REEL

Le musée Maillol nous avait proposé du 7 avril au 30 juin 2004 une exposition consacrée à Francis Bacon, sur le thème « Le Sacré et le Profane », les œuvres présentées s’étendent sur 60 ans, de 1933 à 1983.

Cette exposition voulait mettre en lumière, ce qu’il y a de profondément religieux chez cet artiste athée convaincu. On trouve ainsi des thèmes religieux comme la Crucifixion, des portraits de papes, l’Orestie, autant de thèmes empruntés aux maîtres Grünewald, Vélasquez,Michel-Ange. L’exposition propose d’autre part un large éventail d’œuvres dites profanes,des portraits, des personnages debout, allongés, assis, accroupis,un enfant paralytique, des chiens ,  on devine ici les influences de Degas, Picasso,Matisse, de l’Expressionnisme, de l’Abstrait et des Surréalistes. Les formats  sont généralement grands, sous verre, dans des cadres dorés, en triptyques,en référence aux trityques de la Crucifixion et au « Napoléon » d’Abel Gance  que Bacon avait pu voir à Paris sur 3 écrans. Les couleurs sont belles, vives , en aplats, Bacon était à l’origine décorateur d’intérieur, il y a très souvent dans ses tableaux des façons de meubles modernes. Bacon va mettre à profit tout ce qui ne va pas ensemble, tout ce qui s’oppose, « Pour faire tenir ensemble ce qui ne tient pas ensemble ». (1)

Proposons-nous ici de considérer l’œuvre de Bacon comme un traitement du Réel par le geste. Sylvie DESTAS

 

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LA HONTE

Pour peu qu’elle glisse son incandescence dans l’inhibition, l’humiliation, l’indignité, la honte intensifie le délitement des défenses symboliques du sujet qui n'a pas trouvé appui dans l’Autre où se loge son Idéal-du-moi. Si ce sentiment de déchéance se produit sur le mode de l’accélération, la vie se vide tout d’un coup de son sens.  Héros de la pièce éponyme de Sophocle, Ajax  s’est donné la mort, après une crise de fureur, elle-même consécutive à un manquement à son honneur. Lui qui aurait dû recevoir les armes d’Achille après sa mort, armes forgées par Héphraïstos. Dans ces émissions, le héros moderne est le salarié, le SD ( pourquoi donc le F ?), l’enrôlé et d’autres….René Fiori.

 

NOTRE IMPOSSIBLE A SUPPORTER

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Quand ? où ? A quelle occasion ? Rencontrons nous l’impossible à supporter qui, selon la perspective psychanalytique, n’est rapportable à nul autre qu’à nous-mêmes ? Ce réel là, qui nous vient de notre rapport singulier au langage, au discours, et à la parole, et qui surgit comme leur faisant objection, est notre fragilité potentielle, virtuelle, à tout moment réalisable, et déjà réalisée pour certains. Quand il est rencontré, il nous déconcerte, nous surprend, nous embarrasse, nous perplexifie, nous tétanise, nous sidère, investit notre corps, tel un visiteur étranger et étrange. Ce réel là n’a pas sa correspondance dans l’anticipation, il déjoue les prévisions, esquive les prédictions, moque les prognostics, bouscule les préventions, abrase les prétentions. Fragilité psychique est une formule dérisoire, voire abjecte quand on en use et on en abuse à des fins de ségrégation, c'est-à-dire dans presque tous les cas. Qui affirmera qu’il ne rencontrera jamais, dans sa vie, ce réel-là? Qui déclarera qu’il ne concerne que l’autre, le voisin, le collègue, le proche ? Fragilité psychique est un effaceur qui nous vient de la psychologie darwinienne, justifiant selon la formule de lacan  "la dévastation sociale" qui  conduit au paroxysme mortel de la rivalité, de la concurrence, de la compétition, autant de termes qui cachent mal l’adversité qu’ils inaugurent, exacerbent et valorisent, car recélant la prédation animale comme modèle de relation.  Ce qui ne nous conduit aujourd'hui rien moins qu'à la libérale promotion de l’injustice et à l'émiettement du lien social -  RENE FIORI