Au delà des semblants, embrouille et savoir-y-faire

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..........INTERJECTIONS...........

LE LISIBLE DANS L'ILLISIBLE

Se maintenir accrochés aux étalons de performances: voilà en quoi consistent les exigences des nouvelles méthodes de management engendrées par le discours de l'utilité. C'est là où les destins individuels se heurtent aux limites induites par l'impératif de compétitivité. Si l'évaluation généralisée a pour effet d'objectiver l'autre, elle contribue alors par ce fait, à la destruction du lien social en favorisant l'inflation des egos professionnels, source de rivalités narcissiques. Le sujet moderne est tiraillé par un effet de double mind. Réduit au silence par la tyrannie des modèles économiques, il est confronté paradoxalement à un pousse-au-tout-dire.  Les effets de la parole confisquée peuvent constituer une impasse car l'inflation normative fige le sujet dans un discours qui étanche sa langue singulière. Alors qu'en est-il de l'invention singulière  lorsque le sujet est exposé â être blessé par la langue? Comment le moi, l'idéal du moi peuvent converger vers une perspective inattendue, un point de détail qui donne l'empan d'une autre orientation permettant de faire avec les affects de honte, d'angoisse, de non-reconnaissance? C'est là où pour l’artiste, le lisible ne s'arrête pas aux lois du monde physique. Il  s'oriente du flou, de l'aléatoire, de l'insaisissable bousculant les représentations convenues, proposant ainsi une lecture de l'illisible, en bousculant les repères convenues de la phénoménologie de la perception. Françoise Stark Mornington

 
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de la part de Caroline.Mourlon - 17 décembre 2011-
voici le lien vers un site, qui peut-être vous interessera, une amie poète travaille une parole singulière et touchante :
http://a.strid.info/extraits_videos_textes.html
bonne visite

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Bonjour,

J'aimerais lire un texte ou entendre une conférence autour des maladies chroniques

comme le diabète et la psychanalyse.

Cela me concerne de près et il y a peu sur le sujet.

 

Merci d'avance et bravo pour votre radio a

Béatrice Bodart-Tacq - le 17 août 2011
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Brève 171

A la psychanalyse ce qui est à elle

                           Fernando de Amorim
                           Paris, le 1. III. 2011


La psychanalyse est une clinique de la parole. Une parole dite de la façon la plus libre possible.
Celles et ceux qui ont dit que la psychanalyse était dans le coma, voire morte, sont allé trop vite en besogne. Je les appelle les plombeurs. Il y a de gens comme ça, qui plombent ! Ces sont des énamourés de la pulsion de mort. Ils voient de la désolation partout. La parole, chez eux, n’a pas les effets transformateurs qu’on constate quand nous exerçons la clinique psychanalytique au quotidien. Je dis au quotidien et non en touriste, ou en psychanalyste du dimanche, ou encore en tant que psychanalyste à mi-temps.
Si je reconnais les plombeurs de vie dans la vie quotidienne, je les repère aussi -et c’est très facile de les repérer- parmi celles et ceux qui se disent psychanalystes, ou qui font carrément partie des rangs des institutions psychanalytiques. Ils gravitent autour de la psychanalyse toujours en prévoyant sa mort de façon plus ou moins discrète.
Il y en a même un qui avait prédit la fin du divan. Grossière erreur clinique : le divan est la preuve que quelqu’un est effectivement en train de naviguer dans des eaux jamais avant naviguées de l’inconscient structuré comme langage.
Toutes les fois que quelqu’un prédit la mort de la psychanalyse, je ne manque jamais de m’interroger sur le bénéfice que peut en tirer cet oiseau de mauvais augure. Ma conclusion est qu’il est peiné de sa fin à lui qui s’approche. C’est toujours un vieux psychanalyste qui annonce la fin de la psychanalyse. Il y a aussi ces petits malins qui ont toujours un bouquin à vendre. Et “psychanalyse”, “Freud”, “Lacan”, ce sont des signifiants qui rapportent de l’argent. Pas quand on travaille sur eux, mais quand on les dénigre. Cette logique du dénigrement vient toujours, sur le champ ou plus tard, avec la proposition larvée d’une nouvelle psychothérapie et d’un  maître en accessoire.
Qui est en train de mourir, pour de vrai, de plus en plus, ce sont les dictatures. Ne vous étonnez pas si, dans quelques années, la psychanalyse soit pratiquée allègrement, de façon vivifiante, vivante, dans les pays arabes.
La psychanalyse prendra fin avec l’homme, quand ce dernier sera muet pour toujours. Et la fin de l’homme n’est pas à l’ordre du jour, sauf pour quelques zinzins de-ci, de-là.

Après cette introduction un peu chargée, passons à un discours plus joyeux, plus psychanalytique.
Lacan disait que la psychanalyse est vraie quand elle est joyeuse. Mais pour parvenir à ce temps-là, il nous faut ramer, c’est-à-dire, parler de façon décidée ce qui nous traverse l’esprit.
Ma première rencontre avec la psychanalyse fut en septembre 1981. Depuis, j’ai rencontré quelques personnes qui se disaient psychanalystes et d’autres qui l’étaient, effectivement, psychanalystes. Mais aucune de ces personnes ne m’a décliné la règle fondamentale, comme disait Freud ; la règle d’or, comme l’appelait Lacan.
Les conséquences de ce sabotage princeps de la psychanalyse n’est pas sans conséquence quant à la trouvaille de la porte de sortie de la cure. Et en écrivant ces lignes je remarque que dans porte de sortie il y a port.
Saisissons ça au vol : la psychanalyse est une traversée dans l’océan de l’inconscient. Le travail du psychanalyste est de conduire la cure jusqu’à l’arrivée à bon port du psychanalysant. Le bon port du psychanalysant est le sien et non de qui que ce soit d’autre. A la sortie d’une psychanalyse, le psychanalysant deviens sujet, pour de vrai, dans sa relation avec le réel (Cf. Cartographie du RPH in http://www.rphweb.fr/)
Par générosité, Lacan donnait le statut de sujet à l’être qui parle d’une façon plus engagée. La regrettée Rosine Lefort traitait les bébés comme sujet. C’est de la générosité, c’est le désir du psychanalyste, mais ce n’est pas vrai cliniquement. Un être devient sujet à la sortie d’une psychanalyse. Etre sujet c‘est être responsable de son existence, de son corps, de sa relation à l’Autre, de sa relation au réel.
En ce sens, à la sortie d’une psychanalyse, ont est un peu mieux loti que notre voisin qui n’a jamais fait une traversée océanique.
Parfois il faut le laisser où il est, à savoir, au bord de la seine, ou avec de l’eau aux genoux.
C’est dans ce sens que la psychanalyse n’est pas pour tout le monde.
Cependant, je n’arrive pas à identifier où la psychanalyse serait en phase décadente. Elle ne l’est point.
Elle le serait si elle était sous la coupe des Etats, de la médecine, de la psychiatrie, de la psychologie, des institutions psychanalytiques.
Si la psychanalyse a traversé les époques c’est parce qu’elle était protégée par les psychanalysants. Ce sont les psychanalysants les véritables gardiens de la psychanalyse.
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Marie-Dominique Balmes de Saint-Denis (93) nous a fait part de sa surprise de trouver, sur un site consacré à la psychanalyse, une rubrique "peintres"
C'est que l'artiste met en oeuvre, à sa façon un savoir-y-faire avec l'embrouille et  le réel qui lui sont propre. Les peintres dont nous montrons les oeuvres, ont à faire avec cette problématique.
Aussi, leurs peintures ont elles ici toute leur place. Mais, au delà de l''esthétique, cette question amène Radio-a à ouvrir une nouvelle rubrique : le témoignage de ces artistes sur leur rapport à leur art, et à quoi il leur sert.


 

 

 


Mise à jour le Samedi, 17 Décembre 2011 13:08
 

LA HONTE

Pour peu qu’elle glisse son incandescence dans l’inhibition, l’humiliation, l’indignité, la honte intensifie le délitement des défenses symboliques du sujet qui n'a pas trouvé appui dans l’Autre où se loge son Idéal-du-moi. Si ce sentiment de déchéance se produit sur le mode de l’accélération, la vie se vide tout d’un coup de son sens.  Héros de la pièce éponyme de Sophocle, Ajax  s’est donné la mort, après une crise de fureur, elle-même consécutive à un manquement à son honneur. Lui qui aurait dû recevoir les armes d’Achille après sa mort, armes forgées par Héphraïstos. Dans ces émissions, le héros moderne est le salarié, le SD ( pourquoi donc le F ?), l’enrôlé et d’autres….René Fiori.

 

NOTRE IMPOSSIBLE A SUPPORTER

Attention, ouverture dans une nouvelle fenêtre. PDFImprimerEnvoyer

Quand ? où ? A quelle occasion ? Rencontrons nous l’impossible à supporter qui, selon la perspective psychanalytique, n’est rapportable à nul autre qu’à nous-mêmes ? Ce réel là, qui nous vient de notre rapport singulier au langage, au discours, et à la parole, et qui surgit comme leur faisant objection, est notre fragilité potentielle, virtuelle, à tout moment réalisable, et déjà réalisée pour certains. Quand il est rencontré, il nous déconcerte, nous surprend, nous embarrasse, nous perplexifie, nous tétanise, nous sidère, investit notre corps, tel un visiteur étranger et étrange. Ce réel là n’a pas sa correspondance dans l’anticipation, il déjoue les prévisions, esquive les prédictions, moque les prognostics, bouscule les préventions, abrase les prétentions. Fragilité psychique est une formule dérisoire, voire abjecte quand on en use et on en abuse à des fins de ségrégation, c'est-à-dire dans presque tous les cas. Qui affirmera qu’il ne rencontrera jamais, dans sa vie, ce réel-là? Qui déclarera qu’il ne concerne que l’autre, le voisin, le collègue, le proche ? Fragilité psychique est un effaceur qui nous vient de la psychologie darwinienne, justifiant selon la formule de lacan  "la dévastation sociale" qui  conduit au paroxysme mortel de la rivalité, de la concurrence, de la compétition, autant de termes qui cachent mal l’adversité qu’ils inaugurent, exacerbent et valorisent, car recélant la prédation animale comme modèle de relation.  Ce qui ne nous conduit aujourd'hui rien moins qu'à la libérale promotion de l’injustice et à l'émiettement du lien social -  RENE FIORI