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A L'INVITATION DE MYRIAM EL KHOMRI -Adjointe au Maire De PARIS - COLLOQUE A LA MAIRIE DE PARIS PDF Imprimer Envoyer

LE COLLOQUE AVEC LES ENFANTS DU CENTRE KIRIKOU

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(Témoignage de Michèle Sellam : http://sillamichele.typepad.com/mon-blog/)

C'était hier, samedi 26 mars à l'Hotel de Ville de Paris, que se déroulait de 14h à 18h le 2ème colloque des enfants du Centre Kirikou.

Moi, j'y suis allée hier pour la première fois.

Dès l'entrée ce sont des enfants qui m'ont accueillie. Une jolie petite fille au sourire magnifique m'a invitée à remplir une fiche. Puis une autre m'a orientée vers ce magnifique hall au plafond en miroir  où un jeune lycéen m'a gentiment servi un café en  me disant "vous ne me reconnaissez pas ? je suis Adem, j'ai été votre élève". Eh oui, c'est qu'ils changent tellement quand ils passent de la 6ème à la terminale qu'ils ont plus vite fait de nous reconnaître que l'inverse.

 

C'est que le centre Kirikou se situe pratiquement en face du collège où j'ai enseigné pendant 15 ans, sur le Boulevard Bessières. Il propose aux enfants du quartier, et donc aux élèves de Balzac, un espace où on les écoute, on les aide, on leur offre la possibilité de se cultiver, de s'épanouir, de se réaliser.

Effectivement ce qu'ils nous ont montré à voir hier, c'est bien cela.

Douze teen-agers, collégiens, lycéens, et étudiants les uns après les autres, à la tribune, devant une salle pleine d'adultes et de quelques enfants, nous ont fait lecture de leurs "papiers", ces écrits qu'ils avaient préparés longuement et avec beaucoup de sérieux.

Chacun, chacune avait choisi son thème, un sujet qui lui tenait à coeur et s'en était allé à rédiger ce qu'aujourd'hui , sous les projecteurs, et à cette tribune, ils proposaient d'exposer à la salle en lui en faisant lui-même lecture.

Certains d'entre eux, les plus âgés, lycéens ou étudiants, nous ont "bleuffés", comme ils disent : leur aisance, le ton convaincant avec lequel ils nous faisaient lecture de leurs "papiers", les arguments qu'ils avaient su trouver pour convaincre de leur prise de position sont les signes  d'un incontestable avenir prometteur. Marius, dans un plaidoyer qu'il a intitulé "l'importance de l'histoire et intelligence de l'espoir"  nous a fait une magnifique démonstration pour le maintien de l'enseignement de l'histoire en terminales  scientifiques.  Mélanie, elle c'est "le choix de l'orientation scolaire" sur lequel elle a voulu revenir, même si aujourd'hui, elle est en faculté ; des paroles entendues en 3ème lui ont laissé un goût amer. Mohamed, lui nous a convaicus de l'intérêt des bancs publics pour "cogiter au futur" et Romain nous a invité , après une précision nécessaire sur la démocratie sociale, à protéger la démocratie.

 

Les plus jeunes (et il y en avait vraiment de très jeunes), soutenus contre le trac par Yasmina Picard qui leur prodiguait à voix basse des conseils de respiration, leur tenait le micro, les invitait parfois à reprendre la lecture d'une phrase prononcée à voix trop basse, nous ont livré leurs pensées profondes sur des sujets très divers mais qui sont, incontestablement des sujets qui les préoccupent personnellement : Ibrahim nous a conté de façon poétique une histoire de "petits papiers" qui ne laisse pas de côté le ressenti des "sans papiers", Camillia nous a parlé de "la guerre" en nous invitant à "passer par la vie", Rania a chois de nous parler de la tristesse en nous décrivant les différentes façons de "tomber en tristesse", Mamadou s'est interrogé sur le langage et nous a invité à réfléchir à la place qu'il prend dans le psychisme des humains en zoomant sur l'effet que peut nous faire la découverte qu'un plat, très appétissant dans son apparence, est fait à base de...rat ! Badu nous a parlé de la dépendance, de tous ces "trop" qui en sont à l'origine, trop d'ennui, trop d'argent, trop de rien et son expression "régime psychologique" pour en sortir a fait rire toute la salle. Mariame, avec beaucoup d'émotion,  a voulu nous parler de la violence, elle se demande comment en parler , elle évoque ces déclencheurs de bagarres que sont  le regard et  la parole (une parole suffit, nous dit-elle) et fait la différence entre une bagarre et une dispute. Quant à Assa qui a donné comme titre à sa réflexion "les enfants ont le droit de faire quoi ?" a introduit dans la réponse qu'elle donne la notion d'enfants qui sont "empêchés de grandir intelligemment" et invite les enseignants à prendre le temps de dire à quoi ça sert ce qu'ils enseignent ou ce qu'ils proposent quand par exemple, ils organisent des sorties. Enfin, la dernière à prendre la parole, ce fut Ramtta : dans une magnifique robe africaine aux couleurs dorées qui lui allait à ravir, a fait un véritable hymne au...dictionnaire, ce compagnon qu'elle adore ouvrir au hasard pour consulter les mots que le hasard lui propose de regarder, comprendre, approfondir.

 Yasmina Picard a cloturé ce bel après-midi en invitant les adultes à réfléchir à leur responsabilité dans la croissance des enfants, en défendant le droit à la tristesse et à l'ennui qui, si on n'en a pas peur, peuvent être de véritables vecteurs de vie.

Merci à vous tous, pour ce merveilleux après-midi.

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CET EVENEMENT A EU LIEU LE 26 MARS 2011 :

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Mise à jour le Samedi, 09 Avril 2011 06:22