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LES PERSONAE D'ELFRIEDE HIRSCHFELD, UN AUTRE CAS DE FREUD PDF Imprimer Envoyer

 

LES LANGUES DE LA LIBIDO

La question qui a retenu Freud dans son texte principiel sur Mme Gi : « La disposition à la névrose obsessionnelle »[1] est celui de la transformation d’une hystérie d’angoisse en névrose obsessionnelle qui, pour lui, est accomplie dans le cas de cette patiente ; plus précisément : «  Comment un contenu identique est exprimé dans les deux névroses en des langues distinctes ». [2]Cela l’amène aussi à débattre de ce qu’il appelle  le choix de la névrose[3]. Ce que pointe Freud dans son abord du cas en 1913, c’est la mobilité d’une libido dont la langue symptomatique est changeante. Il pose que la mutation de l’hystérie en névrose obsessionnelle est due à la rencontre, par le sujet d’un élément traumatique, qui vient se substituer à un traumatisme précédent. A sa façon Freud nous renvoie à une question toujours brûlante, elle du rapport de la structure au symptôme et vice versa.  Avec Lacan, elle n’est plus seulement celle de la langue symptomatique du patient, mais aussi celle de son idiome signifiant singulier recélé dans ses dits. Le croisement des deux fait apparaître l’appareillage du sujet au Symbolique, à l’Imaginaire, et au Réel et donne une orientation au traitement psychanalytique.  Dans le cas de Mme Gi cet appareillage est manifesté par la défense du sujet. Quel est l’appareil avec lequel se défend Mme Gi ? Cette défense, Freud la pose comme névrotique à partir de l’objet anal qu’il a -avec l’objet sein- formalisé. La défense typique qui y est corrélée, c’est le cérémonial ; dans le cas présent de Mme Gi, c’est un rituel de lavages. C’est  précisément à partir du cas de Mme Gi, qu’il reçoit en consultation juste après l’homme aux rats, et alors qu’il vient d’écrire son texte «  Actes compulsionnels et exercices religieux » (1907)[4], que Freud invente le stade sadique- anal comme stade pré-génital.   Freud n’a jamais abordé le cas de Mme Gi[5] sur le versant de la psychose mais, avec le concept de pulsion de mort forgé directement à partir de la réaction négative du sujet à la guérison, il va, dans son texte plus tardif sur « Le moi et le çà », revenir sur le stade sadique- anal. « Parmi les conséquences de bien des névroses graves, il faut particulièrement souligner la désunion pulsionnelle, et la place prépondérante prise par la pulsion de mort. Pour généraliser rapidement, nous pourrions supposer que l’essence d’une régression de la libido, par exemple de la phase génitale, à la phase sadique-anale, repose sur une désunion pulsionnelle… ». [6] René FIORI


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En reformulant ainsi, en 1921, le stade sadique-anal comme « désunion des pulsions » qui dénude la pulsion de mort, Freud, dans cet après-coup, fait de ce stade énoncé pour la première fois en 1913, une des conséquences clinique de qu’il conceptualisera plus tard sous le nom de pulsion de mort . Pour Mme Gi, il ne s’agit cependant pas du simple décroché d’un stade à un autre, posé comme antérieur. Une « ré-union» des pulsions s’est dans son cas avéré impossible. Pourquoi ? Pour contrer quelle modalité de jouissance le sujet mobilisait il sa défense ?

DU KAKON... 

La position d’ « abjection fondamentale »[7] que Freud relève chez cette patiente fait apparaître deux types d’objet, le premier est  l’objet kakon [8], concentré de mauvaiseté, et recélé au plus profond du corps du sujet, objet qu’il cherche à atteindre par des rituels de lavage :

Voici comment nous est rapporté, par l’infirmière, le rituel de Mme Gi lors de son séjour dans la clinique de Bellevue[9]:

            Le 14 avril 1916 : « Le déroulement de sa journée selon elle est le suivant : elle prend son petit déjeuner à 8h et demi, ensuite elle va à la salle de bain, elle va tout d’abord aux toilettes, puis on en vient au cérémonial du nettoyage avec du papier toilette ( Putzerei) , puis elle se lave environ pendant une heure assise sur le bidet, ensuite elle se lave environ une heure dans le bain, puis elle se lave plus brièvement le visage assise devant la table de toilette du lavabo.

Pendant qu’elle se lave, une ses femmes de chambre la contrôle continuellement, sinon elle n’arrive pas au but. Elle déjeune dans sa salle de bains, entre-temps on approche des 4h. Ensuite elle se recouche, elle se relève pour le dîner, après le dîner elle se lave seulement 20 minutes dans sa chambre ; à 10h30 elle prend un demi cachet de Dial, ensuite selon ses indications elle dort environ 2h à poings fermés ; ensuite elle est plongée dans un demi sommeil jusque vers 4h, à partir de là elle est tout à fait réveillée.

Ces dernières heures sont apparemment le plus douloureuses ( quälentsten).

Elle dit qu’elle n’a plus aucun espoir, qu’elle veut se suicider (sich das leben nehmen), elle dit qu’elle est malheureuse du fait qu’elle ne passe pas à l’acte, et qu’il lui faut absolument quelqu’un (einen Menschen) qui la ferait sortir de son état présent.

Elle dit qu’elle souffre plus que quiconque, qu’elle pleure beaucoup.

Elle dit qu’elle s’attache au lit parce qu’elle a peur de l’idée qu’elle aurait tué quelqu’un (Angst vor der Idee jemand ermordet zu haben )

 Le 1O juin :« Pendant toute cette dernière période, le médecin a pu lui rendre une seule visite. Toutes les autres fois, la patiente n’a pas pu se décider à le recevoir, parce qu’elle se sentait « trop impure » (zu unrein), et elle craignait que le médecin lui aussi se salisse.

Une fois, la patiente était prête à recevoir le médecin à 6h, elle fit décommander à la porte de l’appartement parce qu’elle avait trop mal à la tête (En réalité, elle n’avait pas malgré tout pu dépasser la crainte que le médecin devienne impur).

La question de son départ ne s’est plus posée, par contre les actes obsessionnels (Zwangshandlungen) , les cérémonies etc. qui ont lieu dans l’appartement se sont renforcés de beaucoup.

 …AU REGARD

Le second est l’objet regard, excentré et saturant la périphérie externe du sujet, interférant dans sa réalité. Jacques Lacan, après Freud, a cerné dans la clinique psychanalytique, deux autres types objets : le regard et la voix, - objets non plus articulés à la demande de ou à l’Autre, comme les objets freudiens : anal ou oral- mais articulés au désir de l’Autre. [10] Ceci étant, la clinique montre que le dégagement conceptuel de ces nouveaux objets n’est pas saturé par la question de la perception hallucinatoire. C’est aussi ce que Mme Gi fait apercevoir.

Bien des années avant 1907, date à laquelle il commence à recevoir cette patiente, Freud avait eu l’occasion de traiter en 1895[11], une femme atteinte de « paranoïa chronique », dont il parviendra à résorber les hallucinations cinesthésiques, visuelles et auditives, non sans provoquer une péjoration temporaire de l’état de la patiente. A cette période, qui est antérieure à son commentaire du cas du Président Schreber (1911), Freud n’avait pas encore différencié «  les deux types de mécanismes » du refoulement, névrotique ou psychotique[12]. C’est en 1908, dans ses échanges avec Jung, qu’il pense, dans le cas de la psychose, à un type de refoulement par détachement de la libido.

Au regard du cas de «   paranoïa chronique » traité par Freud, et du témoignage du Président Schreber qu’il va commenter en 1911, il n’y a chez Mme Gi, ni  hallucinations, ni délire d’observation, non plus que de sentiment de persécution, ou d’intrusion.

Pour Mme Gi, Freud va formaliser une entrée biphasée dans la maladie névrotique, et ce  selon deux causes distinctes. La première est l’annonce par le mari du fait qu’il ne peut procréer à cause d’une azoospermie ; la seconde sera la manifestation de son impuissance quelque temps après, lors de rapports amoureux. Au premier temps Freud fait correspondre les symptômes d’hystérie d’angoisse : la peur des éclats de verre et la peur constante d’avoir écraser un enfant[13]. Ces deux symptômes « restreignent tous deux gravement les mouvements de la patiente »[14], nous précise t il. 

Au second temps, il rapporte la symptomatologie obsessionnelle : les actions rituelles de lavage, et aussi l’épinglage des vêtements. C’est ainsi que dés 1908, Freud écrit à Jung, lequel lui avait adressé cette patiente : « Mme C- est effectivement arrivée chez moi, il y a quinze jours, c’est un cas terriblement sérieux d’obsession, qui ne peut changer que très lentement. »[15].  C’est dans son écrit «  Un rêve utilisé comme preuve» qu’apparaît spectaculairement l’objet regard. Le texte nous décrit une femme qui se fait surveiller nuit et jour par une garde- malade :

- «  Une dame qui souffre de la manie du doute et d’un cérémonial obsessionnel exige de sa garde-malade qu’elle ne la quitte pas des yeux un seul instant, parce qu’autrement elle se mettrait à repasser dans son esprit tout ce qu’elle aurait pu faire d’interdit pendant l’espace de temps où elle serait restée sans surveillance ».

On voit ici le regard surplombant tant et si bien  la patiente, qu’elle a besoin de s’adjoindre le témoignage permanent d’une garde-malade, pour contrer l’accusation silencieuse, invisible et implacable de cette instance qui la surveille. La surveillance par une garde-malade alterne à certains moments avec l’épinglage des vêtements :

-« Elle dit qu’elle s’attache au lit parce qu’elle a peur de l’idée qu’elle aurait tué quelqu’un (Angst vor der idee jemand ermordet zu haben). Il lui faut continuellement un contrôle, par le fait d’être attachée, ou bien surveillée, cela pour que si l’idée lui venait, elle puisse avoir la certitude de l’impossibilité d’avoir commis un meurtre. »

Les notes de cette journée du 14 Avril 1916 se poursuivent ainsi : « Ce qui ressort donc, c’est la peur qu’émerge cette phobie, contre la peur de laquelle elle cherche à s’assurer dans l’anticipation » ; plus avant, dans la journée du 17 août 1916 : «  Elle a fait étendre un drap sur le fauteuil, mais on l’a à nouveau enlevé, pour qu’elle ne s’attache pas au fauteuil avec des épingles à nourrice, on lui permet dorénavant de se faire surveiller ( bewacht werden). D’autres notes relèvent aussi ce point pour les journées du 11 Avril 1916, 17 août et 21 août.

 LA PULSION DE MORT AU DELA DE LA NEVROSE

C’est ainsi qu’à partir des nombreux indices laissés par Freud, conjoints à ceux que nous a livrés la consultation du dossier médical aux archives Binswanger[16], il appert que les symptômes qui sont rapportés à l’hystérie d’angoisse  et à la névrose obsessionnelle sont ceux d’une position libidinale du sujet qui excède le cadre de la névrose.

La maladie avait poussé la patiente à suivre des cures thermales. Elle l’amènera ensuite à la clinique de Nassau du Dr Muthman, pour la conduire ensuite chez Freud. D’autres cliniciens éminents de l’époque auront entre-temps aussi été consultés: Jung, Pfister, Janet, Bleuler. Pour finir Mme Gi fera trois longs séjours dans la clinique de Bellevue dirigée par le  Docteur Binswanger.

La pente mélancolique de ce sujet est omniprésente dans les textes de Freud, et nous la retrouvons, accentuée, dans le dossier médical. Toujours dans cette même lettre de 1908 à Jung, Freud indique qu’on avait déconseillé à Mme Gi de s’adresser à lui. Il nous rapporte ceci :

-« Le motif de sa préférence pour la personne [à savoir celle de Freud lui même] est que Thomsen lui a justement déconseillé que ce soit moi ; qu’elle tomberait certainement dans une maladie encore plus grave. Mais cela s’accordait précisément avec ses intentions de punition ».

Le dossier médical mentionne à la  date du 22 octobre ceci : « Ce qui l’aurait attirée avant tout vers la psychanalyse, c’est que tout était rapporté sur le moment infantile et par là donc, toute la responsabilité pour sa maladie pouvait être enlevée à son mari et à ses parents ».

La peur d’écraser un enfant contient aussi cette culpabilité mélancolique. Enfin dans « Deux mensonges d’enfant »[17], comme nous l’avons vu, Freud parle « d’abjection fondamentale » ressentie par la patiente et dont elle voit la preuve dans un mensonge qu’elle a commis, enfant, vis-à-vis de son maître d’école.. Enfin il y a l’idée de suicide qui revient tout au long du dossier médical.

Ajoutons, en contrepoint, « les fantasmes de fustigation sadiques [..] avec lesquels «  la vie sexuelle de la patiente avait commencé dés l’âge le plus tendre »[18], élément qui nous induit à penser qu’il est l’un des cas considérés dans son texte de 1919 «  On bat un enfant ».

 Dans ce moment d’accalmie que constitua pour elle la journée du 3 août 1916, l’infirmière avait relevé ce propos : «  Par ailleurs elle se compare à la Belgique, cette sorte de chose il fallait bien la supporter ». Comme ce pays incasable, qui ne tenait pas en place, et auquel les cinq puissances durent au XIX ème siècle accorder l’indépendance, le personnel de la clinique de Bellevue avait en effet du réaménager les pièces de l’appartement que Mme Gi allait occuper à la clinique de Bellevue, et selon ses très précises directives. Mais aussi bien dans l’autre sens, avait il fallu supporter,  porter à bout de bras si l’on peut dire, cette patiente qui ne se supportait pas elle-même. Tout comme, là aussi,  la Belgique, pays auquel on avait accordé la neutralité perpétuelle, par le fait qu’il n’avait pas les moyens de se défendre contre lune éventuelle agression extérieure.[19]

 Contre cette pente mélancolique, Mme Gi a mobilisé des efforts inouïs. La patiente a, par là, forcé l’admiration de Freud, de Pfister, et de Binswanger. C’est ce qui fait l’intérêt de ce cas sur lequel aucun traitement d’aucune sorte n’a pu avoir de prise.

Comme on le voit, la question du rapport des symptômes à la structure fait corps avec l’histoire de la psychanalyse, tout comme avec celle de la psychiatrie par ailleurs.  Et ce n’est pas la volonté actuelle de mettre le trouble mental en boîte dans un questionnaire, trouble avec lequel les psychiatres-administrateurs pensent surclasser le concept de symptôme, que cette question s’en trouvera éclaircie. Bien plutôt cette volonté l’assombrirait – elle, en jetant les praticiens dans l’errance. René Fiori

 CE TEXTE EST PARU DANS LA REVUE LA CAUSE FREUDIENNE

NUMERO 69, septembre 2008 sous le titre :

 " UNE FEMME MELANCOLIQUE -  LA SIXIEME ANALYSE DE FREUD 

 [1] Freud S. «  La disposition à la névrose obsessionnelle », Névrose, psychose et perversion, Paris, Puf, 1981- Le cas de Mme Gi a été primordialement celui d’une conférence : « Zum problem der Neurosenwahl » donnée au congrès de Munich en 1913. Il s’inscrit dans la série des sept interventions – dont trois cas cliniques- faites par Freud, aux congrès internationaux de psychanalyse : à Salzbourg (1909) « Remarques sur un cas de névrose obsessionnelle » ; Nuremberg (1910), « Perspectives d’avenir de la thérapeutique analytique » ; Weimar(1911), « Le cas du président Schreber » ; Munich (1913), « Le problème du choix dans la névrose » ; Budapest (1918) « Les voies nouvelles de la thérapeutique analytique » ; La Haye (1920), « Supplément à la théorie des rêves » : Enfin Berlin (1922), « Quelques remarques sur l’inconscient ».

[2] Freud S. op cit p 191

[3] Freud S., «  Sur les types d’entrée dans la névrose », op cit

[4] Freud S. «  Actes compulsionnels et exercices religieux », Névrose, psychose et perversion, op cit

[5] Le cas de Mme Gi apparaît dans les écrits de Freud suivants : Lettres à Jung des 8 et 29 novembre 1908, 22 avril 1910, 12 mai, 17 et 31 décembre 1911, 10 janvier 1912 ; Séances du mercredi de la Société de psychanalyse de vienne (SPV) du 22 /12/1909- 16 /03/ 1910 – 19/10/1910- 30/10/1912- lettre à Ferenczi du 3 janvier 1911- le cas de l’homme aux rats (1909)- Totem et Tabou- (1912-1913)- Lettres à Pfister du 1er janvier 1913, 25 juillet 1922  ( une partie de la correspondance avec Pfister n’est pas encore publiée)- Deux mensonges d’enfant (1913)- Choix de la névrose (1912)-Disposition à la névrose obsessionnelle (1913)- Un rêve utilisé comme preuve (1913)- lettres à Ludwig Binswanger du 24 avril 1915- 3 et 8 novembre 1921, 8 mai 1922, 10 mai 1925 ; Sur la transposition des pulsions et particulièrement dans l’érotisme anal (1916)- Un enfant est battu (1919)- Psychanalyse et télépathie (1921)- Quelques additifs à l’interprétation des rêves (1925)- Inhibition, symptôme, angoisse (1925), Le rêve et l’occultisme (1932)

[6] Freud S. «  Le moi et le çà », Essais de psychanalyse, Paris, Payot, 1985 p 255. – et  « …und lernen verstehen, dass unter den Erfolgen mancher schweren neurosen, zum beispeil des Zwangsneurosen, die Triefentmischung und das Hervortreten des Todestriebes eine besondere Würdigung verdient. In rascher verallgemeinerung möchten wir vermuten, dass das Wesen einer libidoregression, zum Beispiel von der genitalen zur sadistisch-analen Phase, auf eniner Triebentmischung beruht, wie umgekehrt der Forschritt von der früheren zur definitiven Genitalphase einem Zuschuss von erotischen Komponenten zur Bedingung hat “Das Ich un das Es“ Und andere metapsychologische Schriften, Frankfurt-am-Main, Fischer Taschenbücher, 1988, p.194

[7] Freud S. , « Deux mensonges d’enfant », Névrose, psychose et perversion, op cit

[8]L’adjectif grec kakos signifie mauvais, et dans sa forme neutre substantivée kakon signifie le mal, mais aussi la faute . Jacques Lacan qui souligne la pertinence de ce concept dans son texte « Propos sur la causalité psychique » ( Bonneval, 1946)  nous en donne la référence :  Publication : Evolution psychiatrique, mars 1931, et également Guiraud et Cailleux, "le meurtre immotivé réaction libératrice de la maladie", Ann. Medico-psych., nov.1928.

[9] Chronologiquement les choses se présentent ainsi : Mme Gi est âgée de 27 ans lorsque son mari lui fait l’annonce qui va déclencher sa maladie ( année 1900).  Freud la reçoit pour la première fois à son cabinet la dernière semaine d’octobre 1908. La cure se serait prolongé jusqu’en 1912, selon le dossier médical ou 1914 selon la lettre  Dr Muthman du 3 mai 1915 vraisemblablement adressée à Ludwig Binswanger. - Le 5 avril 1916, elle est admise à la clinique de Bellevue à Kreuzlingen dirigée par Ludwig Binswanger. (Le Dr Muthman est mentionné comme hôte à la séance du 10 Février 1909 des séances de la Société Psychanalytique de Vienne- Il est indiqué en note du Tome 2 «  Le Dr Muthman fut l’un des premiers adhérents de Freud en Allemagne »)-

[10] Lacan J., Le Séminaire, Livre X, L’angoisse, Paris, Seuil, 2007.

[11] Freud S., « Nouvelles remarques sur les psychonévroses de défense », § « analyse d’un cas de paranoïa chronique », op cit

[12] Miller JA, « Schizophrénie et paranoïa », Quarto N°10, 1992, p 25et 26

[13] Les premiers psychanalystes –Minutes de la Société psychanalytique de Vienne, tome 1, Paris, Gallimard, 1978, Séance du 22 décembre 1909

[14] ibid

[15] Correspondance Freud-Jung, Paris, Gallimard, 1975, Lettre à Jung du 15 novembre 1908.

[16] Traduction J. Martin. et l’auteur. Nos remerciements vont au Dr Guy Briole et JA Miller qui nous avaient inclus, Mme J. Martin. et moi-même, dans le  programme de recherche de la section clinique du Val-de-Grâce.

[17] Freud S, « Deux mensonges d’enfants », Névrose, psychose et perversion, opà  cit.

[18] Freud S, «  La Disposition à la névrose obsessionnelle », op cit p 193

[19] Ce point a pu être éclairci par une discussion avec Philippe  Hellebois et la lecture du chapitre «  La violation de la neutralité belge et luxembourgeoise par l’Allemagne » d’André Weiss, Paris, Armand Colin, 1915, publication sur Internet.

 


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    Raymond Roussel / FIORI René. La Cause freudienne / Nouvelle revue de psychanalyse, 12/2009, n° n°73. - p. 177-188


    Au bord de la falaise / FIORI René. Horizon, 12/2009, n° n°51. - p. 42-45


    A lire : L'amour de la langue, J.-C. Milner ; Aux origines du langage : une histoire naturelle de la parole, J.-L. Dessales ; Le choix de la névrose :
  • psychanalyse avec les enfants : La petite Girafe n°13 / MARTIN Johanna ; FIORI René ; SOKOLOWSKY Laura.
  • Bulletin groupe petite enfance (Cereda), 01/2002, n° n°17. - p. 58-63

    L'École et le politique à l'heure de la passe : compte-rendu / FIORI René. Bulletin groupe petite enfance (Cereda), 01/1999, n° n°13. - p. 54


Mise à jour le Samedi, 07 Mai 2011 22:39